Recette de Seiches des Grands-mères Franc-Comtoises

Recette de Seiches des Grands-mères Franc-Comtoises

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Rédigé par Clémence

12 octobre 2025

Au cœur des montagnes du Jura, loin du tumulte des vagues et de l’air iodé, une recette surprenante se transmet de génération en génération. Les seiches des grands-mères franc-comtoises, un nom qui sonne comme une douce anomalie gastronomique, un pont inattendu entre la mer et le terroir. Comment ce céphalopode a-t-il bien pu trouver sa place dans les cocottes en fonte de cette région réputée pour ses fromages puissants et ses salaisons fumées ? C’est l’histoire d’un plat réconfortant, né de la nostalgie et de l’ingéniosité, qui marie la tendreté de la seiche à la richesse d’une sauce onctueuse au vin du Jura. Loin d’être une simple recette, c’est une invitation à un voyage culinaire où les frontières s’effacent pour ne laisser place qu’à la gourmandise. Préparez-vous à découvrir un secret de famille bien gardé, un plat qui réchauffe le corps et l’âme, la preuve que les meilleures traditions sont parfois celles que l’on invente.

25 minutes

60 minutes

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

La première mission, et elle est cruciale pour la réussite de ce plat, consiste à préparer les seiches. Si vous utilisez des seiches surgelées, la veille au soir est votre meilleure alliée. Placez-les dans une passoire elle-même posée sur un grand saladier, et laissez-les décongeler tranquillement au réfrigérateur. Cette méthode douce permet de préserver la texture délicate de leur chair. Le lendemain, vous constaterez qu’elles ont rendu beaucoup d’eau. Égouttez-les parfaitement. Ensuite, armez-vous de papier absorbant et séchez chaque seiche avec le plus grand soin. Cette étape n’est pas un détail : une seiche bien sèche dorera joliment à la cuisson sans bouillir dans son eau, ce qui est le secret pour éviter une texture caoutchouteuse. Une fois bien sèches, coupez-les en lanières ou en anneaux d’environ deux centimètres de largeur.

Étape 2

Dans votre cocotte en fonte, faites chauffer l’huile d’olive à feu moyen. La fonte est idéale ici car elle diffuse une chaleur douce et homogène, parfaite pour les plats mijotés. Lorsque l’huile est chaude mais non fumante, ajoutez les oignons déshydratés. Laissez-les se réhydrater et dorer doucement pendant environ cinq minutes, en remuant régulièrement avec une spatule en bois pour ne pas rayer le fond de votre précieuse cocotte. Ajoutez ensuite l’ail en poudre et le concentré de tomates. Faites revenir ce mélange pendant deux minutes. Cette action, appelée ‘pincer’, permet de cuire légèrement le concentré de tomates pour lui enlever son acidité et développer tous ses arômes de fruit confit. Votre cuisine doit commencer à embaumer.

Étape 3

Le moment est venu d’ajouter les morceaux de seiche dans la cocotte. Augmentez légèrement le feu et faites-les revenir pendant cinq à sept minutes. L’objectif est de les saisir pour qu’ils prennent une jolie coloration dorée. Ils vont rendre un peu d’eau, c’est normal. Continuez la cuisson jusqu’à ce que cette eau se soit presque entièrement évaporée. C’est alors qu’intervient une technique de chef : le ‘singeage’. Saupoudrez la cuillère de farine sur les seiches et mélangez bien pendant une minute pour enrober chaque morceau. La farine va légèrement griller, ce qui apportera un goût subtil de noisette et, surtout, elle servira de liant pour obtenir une sauce veloutée et nappante, la signature des plats de nos grands-mères.

Étape 4

Préparez-vous pour l’étape la plus parfumée : le déglaçage. Versez le vin blanc du Jura d’un seul coup dans la cocotte chaude. Vous entendrez un grésillement satisfaisant. Avec votre spatule en bois, grattez énergiquement le fond de la cocotte pour décoller toutes les particules caramélisées, que l’on appelle les sucs de cuisson. Déglacer : c’est l’action de dissoudre les sucs de cuisson au fond d’un récipient avec un liquide (vin, bouillon, vinaigre) pour parfumer la sauce. C’est là que réside une grande partie du goût de votre plat. Portez le tout à ébullition et laissez l’alcool s’évaporer pendant deux à trois minutes, jusqu’à ce que l’odeur de vin devienne plus douce et fruitée.

Étape 5

Baissez le feu au minimum. Ajoutez le fond de veau en poudre, les herbes de Provence, la pincée de piment d’Espelette, le sel et le poivre. Incorporez également les champignons de Paris bien égouttés. Mélangez délicatement. Couvrez votre cocotte et laissez le plat mijoter tout doucement pendant au moins 45 minutes. Plus la cuisson sera lente et longue, plus les seiches seront tendres et les saveurs parfaitement amalgamées. N’hésitez pas à vérifier de temps en temps qu’il reste assez de liquide et à remuer pour que rien n’attache au fond.

Étape 6

Après 45 minutes de cuisson patiente, la magie a opéré. Les seiches sont maintenant incroyablement tendres. Goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire. C’est maintenant que nous allons apporter la touche finale de gourmandise et d’onctuosité. Retirez la cocotte du feu. Attendez une petite minute que la température baisse légèrement. Versez la crème liquide et mélangez doucement pour l’incorporer à la sauce, qui va prendre une belle couleur orangée et une texture veloutée. Le fait d’ajouter la crème hors du feu évite qu’elle ne tranche et garantit une sauce parfaitement lisse. Votre plat est prêt à être servi bien chaud.

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Loin d’être une simple recette, c’est une invitation à un voyage culinaire où les frontières s’effacent pour ne laisser place qu’à la gourmandise. 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Lorsque l’huile est chaude mais non fumante, ajoutez les oignons déshydratés. Laissez-les se réhydrater et dorer doucement pendant environ cinq minutes, en remuant régulièrement avec une spatule en bois pour ne pas rayer le fond de votre précieuse cocotte. Ajoutez ensuite l’ail en poudre et le concentré de tomates. Faites revenir ce mélange pendant deux minutes. Cette action, appelée ‘pincer’, permet de cuire légèrement le concentré de tomates pour lui enlever son acidité et développer tous ses arômes de fruit confit. Votre cuisine doit commencer à embaumer. », « Le moment est venu d’ajouter les morceaux de seiche dans la cocotte. Augmentez légèrement le feu et faites-les revenir pendant cinq à sept minutes. L’objectif est de les saisir pour qu’ils prennent une jolie coloration dorée. Ils vont rendre un peu d’eau, c’est normal. Continuez la cuisson jusqu’à ce que cette eau se soit presque entièrement évaporée. C’est alors qu’intervient une technique de chef : le ‘singeage’. Saupoudrez la cuillère de farine sur les seiches et mélangez bien pendant une minute pour enrober chaque morceau. La farine va légèrement griller, ce qui apportera un goût subtil de noisette et, surtout, elle servira de liant pour obtenir une sauce veloutée et nappante, la signature des plats de nos grands-mères. », « Préparez-vous pour l’étape la plus parfumée : le déglaçage. Versez le vin blanc du Jura d’un seul coup dans la cocotte chaude. Vous entendrez un grésillement satisfaisant. Avec votre spatule en bois, grattez énergiquement le fond de la cocotte pour décoller toutes les particules caramélisées, que l’on appelle les sucs de cuisson. Déglacer : c’est l’action de dissoudre les sucs de cuisson au fond d’un récipient avec un liquide (vin, bouillon, vinaigre) pour parfumer la sauce. C’est là que réside une grande partie du goût de votre plat. Portez le tout à ébullition et laissez l’alcool s’évaporer pendant deux à trois minutes, jusqu’à ce que l’odeur de vin devienne plus douce et fruitée. », « Baissez le feu au minimum. Ajoutez le fond de veau en poudre, les herbes de Provence, la pincée de piment d’Espelette, le sel et le poivre. Incorporez également les champignons de Paris bien égouttés. Mélangez délicatement. Couvrez votre cocotte et laissez le plat mijoter tout doucement pendant au moins 45 minutes. Plus la cuisson sera lente et longue, plus les seiches seront tendres et les saveurs parfaitement amalgamées. N’hésitez pas à vérifier de temps en temps qu’il reste assez de liquide et à remuer pour que rien n’attache au fond. », « Après 45 minutes de cuisson patiente, la magie a opéré. Les seiches sont maintenant incroyablement tendres. Goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire. C’est maintenant que nous allons apporter la touche finale de gourmandise et d’onctuosité. Retirez la cocotte du feu. Attendez une petite minute que la température baisse légèrement. Versez la crème liquide et mélangez doucement pour l’incorporer à la sauce, qui va prendre une belle couleur orangée et une texture veloutée. Le fait d’ajouter la crème hors du feu évite qu’elle ne tranche et garantit une sauce parfaitement lisse. Votre plat est prêt à être servi bien chaud. » ], « aggregateRating »: { « @type »: « AggregateRating », « ratingValue »: « 5 », « reviewCount »: « 10 » } }
Clémence

Mon astuce de chef

Le secret des plats mijotés réside souvent dans la patience. Si vous en avez la possibilité, préparez ces seiches la veille pour le lendemain. Après une nuit au réfrigérateur, les arômes auront eu le temps de se développer et de s’harmoniser. Le plat n’en sera que meilleur. Il vous suffira de le réchauffer doucement à feu très doux avant de le servir.

Quel vin pour accompagner ce plat de caractère ?

Pour rester dans l’esprit de la recette, l’accord régional est une évidence. Servez ce plat avec le même vin que celui utilisé pour la sauce, un Arbois blanc du Jura. Ses notes caractéristiques de noix et de curry se marieront à merveille avec la sauce crémeuse. Si vous souhaitez varier, un autre grand vin blanc du Jura, comme un Chardonnay élevé sous voile, apportera de la complexité et une belle fraîcheur pour équilibrer la richesse du plat. Servez-le frais, mais non glacé, autour de 12°C, pour laisser s’exprimer toute sa palette aromatique.

L’histoire de ce plat est une véritable saga familiale. Elle remonterait à l’après-guerre, lorsqu’une famille de pêcheurs bretons, pour des raisons professionnelles, a dû s’installer dans le Haut-Doubs. La grand-mère, nostalgique des saveurs de son enfance, se faisait envoyer des seiches par la famille restée sur la côte. Ne trouvant ni le cidre ni le muscadet de sa région, elle eut l’idée géniale de les remplacer par le trésor local : le vin du Jura. En y ajoutant la crème et les champignons des forêts environnantes, elle créa sans le savoir un plat-fusion, un symbole de l’intégration et de l’amour d’un terroir d’adoption. Cette recette, c’est le goût du souvenir et la preuve que la cuisine est un langage universel.

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Clémence

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