Comment faire une daube de sanglier savoureuse facilement

Comment faire une daube de sanglier savoureuse facilement

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Rédigé par Clémence

6 novembre 2025

Au cœur des traditions culinaires françaises, la daube de sanglier s’impose comme un monument de la gastronomie des terroirs. Plat de patience et de partage, elle évoque les longues tablées familiales, les retours de chasse et la chaleur d’un foyer crépitant. Loin d’être un plat rustre, la daube est une symphonie de saveurs puissantes et complexes, où le caractère sauvage du gibier est adouci et magnifié par une lente cuisson dans un vin rouge corsé et des aromates choisis. Beaucoup pensent, à tort, que sa préparation est réservée aux initiés ou aux cuisiniers aguerris. Détrompez-vous. Avec un peu d’organisation et les bons gestes, réaliser une daube de sanglier fondante et parfumée est à la portée de tous. Nous allons vous guider, pas à pas, pour transformer ce classique de la cuisine française en une expérience inoubliable, directement dans votre cuisine. Préparez votre plus belle cocotte, le voyage gustatif commence maintenant.

30 minutes (+ 12 à 24 heures de marinade)

3 heures

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

La veille, préparez la marinade, qui est le secret d’un gibier tendre et parfumé. Dans un grand saladier, déposez les morceaux de sanglier. Ajoutez les oignons et les carottes déshydratées, l’ail en semoule, les baies de genièvre, les clous de girofle et le bouquet garni. Versez la bouteille de vin rouge jusqu’à couvrir entièrement la viande. Couvrez le saladier d’un film alimentaire et placez-le au réfrigérateur pour un minimum de 12 heures, idéalement 24 heures. N’hésitez pas à remuer une ou deux fois pendant ce temps pour que chaque morceau s’imprègne bien des saveurs.

Étape 2

Le jour de la cuisson, sortez le saladier du réfrigérateur. À l’aide d’une écumoire, retirez les morceaux de sanglier de la marinade et déposez-les sur du papier absorbant. Il est très important de bien les sécher. Cette étape garantit une belle coloration lors de la cuisson. Filtrez ensuite la marinade à l’aide d’une passoire fine pour séparer les éléments solides (légumes, aromates) du liquide. Conservez précieusement le vin de la marinade, il est la base de votre sauce.

Étape 3

Placez votre cocotte en fonte sur feu moyen à vif. Versez l’huile d’olive. Une fois l’huile bien chaude, faites-y dorer les lardons fumés pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’ils soient croustillants. Retirez-les de la cocotte et réservez-les. Dans la même graisse, faites colorer les morceaux de sanglier sur toutes leurs faces. Procédez en plusieurs fois si nécessaire pour ne pas surcharger la cocotte et faire chuter la température. La viande doit être bien saisie et dorée.

Étape 4

Une fois toute la viande colorée, remettez tous les morceaux dans la cocotte. Saupoudrez la viande avec la farine. C’est ce qu’on appelle singer la viande. Remuez bien avec une cuillère en bois pendant une minute pour enrober chaque morceau. La farine va permettre d’épaissir la sauce et de lui donner son onctuosité. Si vous le souhaitez, c’est le moment de flamber avec le cognac ou l’armagnac. Versez l’alcool, et si vous êtes équipé et en sécurité, penchez légèrement la cocotte pour que les vapeurs s’enflamment. Attendez que les flammes s’éteignent d’elles-mêmes.

Étape 5

Versez progressivement le vin de la marinade filtré sur la viande tout en grattant le fond de la cocotte avec votre cuillère en bois pour décoller les sucs de cuisson. Ce sont de véritables pépites de goût. Portez à frémissement. Ajoutez ensuite le concentré de tomates, les lardons réservés, les légumes et aromates de la marinade, puis le cube de bouillon de bœuf émietté. Complétez avec de l’eau chaude juste à hauteur de la viande. Salez modérément et poivrez généreusement.

Étape 6

Baissez le feu au minimum, couvrez la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant au moins 3 heures. Le secret d’une bonne daube est une cuisson très lente et à basse température. La viande doit devenir si tendre qu’elle pourrait presque se défaire à la fourchette. Vérifiez de temps en temps qu’il reste assez de liquide et remuez délicatement. En fin de cuisson, goûtez et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre si nécessaire. Retirez le bouquet garni avant de servir.

Clémence

Mon astuce de chef

Pour une sauce encore plus veloutée et gourmande, vous pouvez ajouter un ou deux carrés de chocolat noir à 70% de cacao dans la cocotte environ 15 minutes avant la fin de la cuisson. Ne vous inquiétez pas, votre plat n’aura pas le goût du chocolat. Celui-ci va simplement intensifier la couleur de la sauce, lui donner un brillant magnifique et une rondeur en bouche incomparable, en liant subtilement les saveurs. C’est une astuce de grand-mère qui fait toute la différence.

L’accord mets-vin : la continuité et la puissance

Pour accompagner votre daube de sanglier, l’harmonie est le maître-mot. Le choix le plus sûr et le plus élégant est de servir le même vin que celui utilisé pour la marinade. Si vous souhaitez varier, restez dans la même région ou sur le même profil de vin : un rouge puissant, structuré et avec du caractère. Un Gigondas du sud de la vallée du Rhône, avec ses notes d’épices et de fruits noirs, sera un compagnon idéal. Un Cahors, avec ses tanins présents mais soyeux, ou un Madiran sauront également tenir tête à la richesse du plat sans l’écraser. Servez le vin légèrement rafraîchi, autour de 16-17°C, pour exalter ses arômes.

La daube, un héritage de la cuisine provençale

La daube tire son nom du récipient dans lequel elle cuisait traditionnellement : la daubière, une sorte de pot en terre cuite à la forme pansue, spécialement conçu pour les cuissons longues et à l’étouffée. Si le bœuf est la viande la plus couramment utilisée, notamment dans la fameuse daube provençale, les variantes au gibier comme le sanglier sont des plats de fête ancestraux. C’est un plat qui incarne la cuisine de la patience, celle où le temps est le meilleur allié du cuisinier. Chaque famille avait sa recette, transmise de génération en génération, avec son petit secret pour la rendre unique. En préparant cette recette, vous ne faites pas que cuisiner, vous perpétuez un savoir-faire et un art de vivre à la française.

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Clémence

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